Pourquoi la glace retarde la récupération ?


En 1978 le médecin américain Gabe Mirkin invente le protocole RICE (Repos, Glace, Compression et Elévation) pour traiter les traumatismes et les blessures sportives. La glace dans ce protocole aide à soulager la douleur causée par les tissus blessés, après une opération, une blessure traumatique et des lésions musculaires/tendineuses. Ce protocole est encore suivi de nos jours, par de nombreux, médecins, kinésithérapeutes, entraineurs etc…


Ce même docteur Mirkin fait marche arrière aujourd’hui et remet en question ses conclusions passées, en affirmant que la glace retarde la récupération ! J'admire vraiment son ouverture d'esprit et sa capacité à admettre qu'il avait tort. Dans une étude récente, on a dit aux athlètes de faire de l'exercice si intensément qu'ils ont développé de graves lésions musculaires qui ont causé des douleurs musculaires importantes. Bien que le refroidissement ait retardé l'enflure, il n'a pas accéléré la guérison de ces lésions musculaires (The American Journal of Sports Medicine, juin 2013).


Pour tout traumatisme, comme une entorse de cheville par exemple, il y a un dépassement brusque de la capacité d’amplitude des tissus selon une force, une direction et une rapidité de mouvement.

La réaction première est un arrêt bref de la circulation sanguine locale. Ensuite le corps envoie un maximum de fluide contenant des protéines et minéraux pour soigner la partie abîmée, un peu comme un emplâtre qu’on poserait sur la partie lésée. En additionnant la tension, ces liquides agissent comme un bandage stabilisant.


Dans son ouvrage (« Iced! The illusionnary Treatment Option »), Gary Reinl fait référence à 25 études cliniques d’experts sur le sujet. Toutes ces sources récentes, ont la même conclusion sans exception :

On peut voir une inflammation sans guérison, on ne peut guérir sans inflammation.


GUERIR NECESSITE UNE INFLAMMATION. Lorsque vous endommagez les tissus par un traumatisme ou que vous développez des douleurs musculaires en faisant de l'exercice très intense, vous guérissez en utilisant votre immunité. Lorsque les muscles et autres tissus sont endommagés, votre immunité envoie les mêmes cellules inflammatoires aux tissus endommagés pour favoriser la guérison.

C’est en fait la première phase de guérison, la deuxième est la réparation et la troisième le remodelage. Ce n’est pas une option éventuelle, on ne peut échapper à ces trois phases.

Et l’application de froid brise ce processus ! La glace empêche les cellules de guérisons d’atteindre la zone affectée, simplement par la constriction des vaisseaux sanguins coupant ainsi l’arrivée de la circulation. Cette baisse de la circulation peut entraîner la mort des tissus voire causer des dommages irréversibles aux nerfs.


LA GLACE REDUIT LA FORCE, LA VITESSE, L’ENDURANCE ET LA COORDINATION

Le froid ralentit la conduction nerveuse et inhibe le métabolisme (catabolisme et anabolisme) nécessaire au fonctionnement humain. La glace est souvent utilisée comme traitement à court terme pour aider les athlètes blessés à reprendre un match. Le refroidissement peut aider à diminuer la douleur, mais il interfère avec la force, la vitesse, l'endurance et la coordination de l'athlète (Sports Med, 28 novembre 2011).


UNE COURTE PERIODE DE RECHAUFFEMENT A RENDU LA FORCE, LA VITESSE ET LA COORDINATION.


Les auteurs de ces études recommandent que si un refroidissement est effectué pour limiter le gonflement, il doit être effectué pendant moins de cinq minutes, suivi d'un réchauffement progressif avant de reprendre le jeu.


IL NE FAUT PAS STOPPER L’INFLAMATION

L’application de la glace, les médicaments à base de cortisone, les anti-douleurs, les Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), les immunosuppresseurs empêchent l’inflammation et retarde donc le délai de guérison


La glace augmente le gonflement et retarde la régénération des tissus !

Avec la glace, il y a guérison incomplète ; le taux de chronicité est plus élevé et on risque d’augmenter le gonflement à long terme. La glace empêche le renouvellement de la matière par ralentissement du métabolisme.



Voici un principe utilisé en médecine traditionnelle chinoise et qui résume bien la situation :

« BU TONG ZE TONG » / « si ça ne circule pas il y a douleur »

"不通這痛"

Toute entrave de la circulation du Qi et du sang, entraîne une douleur. Il faut donc restaurer la circulation du Qi et du sang pour que les tissus se régénèrent.



SYNDROME BI - syndromes d’obstruction douloureuse

Une autre observation significative est que la zone reste froide longtemps après l’application, il y a une hypothermie locale. Cela favorise la survenue d’un syndrome BI.

Ce syndrome désigne le blocage de Qi et de sang dans les méridiens par l’association de 3 facteurs pathogènes tels que le Vent, le Froid, l’Humidité.... Entrainant ainsi ; douleurs, engourdissement et limitation de mouvement.

Le froid glace, contracte et bloque. Il ralentit tout mouvement.


Que faut-il faire en Médecine traditionnelle Chinoise ?

Nous utilisons divers traitements qui favoriseront la circulation (sang et qi) et la croissance de nouveaux tissus : Lampe chauffante infra-rouge, moxibustion, ventouses, acupunctures, diététique, phytothérapie traditionnelle chinoise (interne et externe).

On conseille des mouvements passifs ou actifs doux selon les cas, pour encourager la circulation et le drainage sanguins et lymphatiques. Il faut que ça circule !

Renforcer l’état d’esprit du consultant en travaillant son Shen. Pour cela, vous pouvez aussi lui conseiller de faire de la méditation.

Le consultant doit s’hydrater. Les muscles ont besoin d'eau pour fonctionner comme ils le devraient et maintenir leur élasticité. Lorsque les muscles se déshydratent, ils deviennent rigides, inflexibles et beaucoup plus susceptibles de contracter des spasmes et générer de la douleur (On en revient au principe de MTC : Yin Xu et Xue Xu).